KalonBreizh, coeur Bretagne

L'influence celtique en Armorique (en cours)

Tout d'abord, il convient de ne pas confondre celtes et vikings scandinaves, c'est quelquefois le cas. Certains historiens pensent qu'il y aurait peut-être eu des échanges entre eux et une origine commune lointaine. Pour certains, ils auraient partagé pendant un temps un environnement similaire, avant de reprendre chacun des voies distinctes. A l'inverse, d'autres prétendent qu'ils ne se sont jamais rencontrés. Quoi qu'il en soit,  on ne peut nier certaines similitudes.

Issus du groupe Indo-européen, les Celtes émigrent à la fin du Néolithique (environ 1000 av. JC) d'abord dans la vallée du Danube, puis vers la Gaule, et enfin, un demi-siècle plus tard, en Armorique ; tandis que les Celtes espagnols optent pour les îles britanniques. Envahisseurs ? Pas vraiment. Leurs connaissances techniques en matière d'armement et leur science du combat sont plutôt bienvenues en temps de guerre, au point que certains y voient presque une forme de magie !

Quelques termes :

Au IIe siècle av. JC,  en Armorique , cinq états divisent la péninsule Celtique qui deviendra la Bretagne :

* Les Osismes dans l'actuel Finistère et la partie ouest de la future Côte d'Armor.

* Les Vénètes dans l'actuel Morbihan

* Les Coriosolites dans la moitié est de la future Côte d'Armor

* Les Redonnes dans l'actuelle Ille et Vilaine

* Les Namnètes dans l'actuelle Loire Atlantique. Ces derniers montrent rapidement leur supériorité par l'importance de leur flotte et leur aptitude au commerce. Chacune de ces populations marquera son indépendance, allant jusqu'à forger leur propre monaie.

Le terme Armorique est dérivé du terme celtique : Arémorie, signifiant " Pays du bord de mer." Il désigne le territoire compris entre la Loire et la Seine, et est souvent confondu avec la Bretagne, bien que celle-ci ne représente qu'une partie de l'Armorique. En effet, d'après certains historiens, elle s'étendait jusqu'à l'estuaire de la Gironde. Y aurait-il un rapport avec le Golfe de Gascogne qu'empruntent généralement les navigateurs bretons lors des courses annuelles ? Route du rhum, transatlantique, etc.

Et notre belle Bretagne, pourquoi s'appelle-t'elle ainsi ? elle ne s'est pas toujours appelée Bretagne :

* En 500 ans avant JC , la région porte le nom de Osisme (du nom du peuple de l'actuel Finistère) à l'époque romaine.

* En 57 av. JC, Jules César la baptise Arémorica, nom latin signifiant " le peuple face à la mer".

* 1er siècle après JC, les Romains quittent l'Armorique pour la Grande-Bretagne qui s'appelle alors : Britannia. Oui, mais voilà, Britannia ne veut pas d'eux et les chasse. Du coup, ils reviennent en Armorique, qu'ils vont rebaptiser "Petite Bretagne". Pas beaucoup d'imagination, hein ! On serait même en droit de se demander si l'aversion française légendaire pour les Anglais, n'aurait pas un quelconque rapport... Après tout, Armorique, c'était plutôt pas mal, non ? Enfin bref ! Sans doute par esprit d'indépendance comme les Bretons savent si bien le montrer, la Petite Bretagne devient l'actuelle Bretagne. Voilà, voilà, vous savez tout !

Quand aux noms des cinq départements bretons, en connaissez vous le sens?

* Morbihan signifie « petite mer » en référence au Golfe du même nom

* Côte-d’Armor : côtes du Pays de la mer » , nouvelle appellation après les " Côtes du Nord" en opposition avec celles du Morbihan (les côtes du Sud).

* Finistère : s’inspire du latin « Finibus terræ », qui se traduit en breton par « Penn ar Bed ». (Tête du monde, ouverture, mais aussi fin de la terre (sur un plan géographique), ben oui, après c'est l'Amérique... à quelques îles près.

* Loire-Atlantique : qui, jusqu’en 1957, s’appelait Loire-Inférieure, et l’Ille-et-Vilaine portent tout simplement le nom de cours d’eau (comme 70 % des départements métropolitains).

* Ille et Villaine : en référence à leurs rivières : l'Ille, et la Vilaine, tout simplement.                                                                                                                                              

Nations celtes

La culture de la Tène, une " révolution" matérielle :

Le fer :

Au Ve siècle avant notre ère, les recherches archéologiques ont montré que les compétences celtiques dans le domaine de la métallurgie a largement contribué à se faire une place dans la société armoricaine : ils maîtrisent la ferronnerie, l'orfèvrerie, ou encore la forge. Mais pas que... car ils excellent aussi dans le travail du bois, et même de la céramique.

Peuple de guerriers qui, à cette époque mérite bien son surnom de "peuple de barbares" , ils sont les principaux acteurs de cette culture matérielle connue sous le nom de : la Tène. (2e période de l'âge du fer). Leur connaissance architecturale s'exprime d'abord dans le renforcement des fortifications, sous haute surveillance des soldats, bien cachés derrière les archères des châteaux. Toute la panoplie du guerrier va surgir du marteau et de l'enclume du forgeron celte : de la cotte de mailles à l'armure, du bouclier sculpté au fourreau savamment étudié pour une épée finement tranchée : à l'intérieur du fourreau, un fil d'acier se charge même d'aiguiser le tranchant de l'épée. Les couteaux et les poignards portent des gravures très codifiées : les Celtes aiment alimenter leur art d'une aura de mystère. Les casques, les chaînes de suspension de l'épée, et enfin, le harnachement du cheval ne font pas exception : mors, fer à cheval, éperons, etc. Dans l'esprit du guerrier, les légendes celtiques rejoignent souvent la réalité et vice-versa. Les armes sont souvent ornées de motifs animaliers ou de dessins codifiés représentant la puissance divine. Dans la mythologie, la dague a la réputation de posséder des pouvoirs surnaturels. Même la poignée des sabres est stylisée, bref, un souci inné du détail pour un équipement de pointe ! Pas mal pour l'époque

Il faut dire que déjà à cette époque, le massif armoricain est riche en minerais de fer et de cuivre. De même que le bois est généreux, que demander de plus pour ce peuple chez qui l'audace n'a d'égal que sa force au combat, qui se croit invincible sauf devant la mort ; aussi développent-ils des techniques comme la rapidité d'action qui déstabilise l'adversaire. Ce sont aussi d'excellents organisateurs. En un mot l'efficacité : l'arme d'un Celte n'appartient qu'à lui et lui est acquise toute sa vie jusqu'à la mort. La phalère, bijou de cuivre incrusté de motifs animaliers, est offert en récompense au soldat, et même au cheval pour leur bravoure dans la bataille. Des archéologues ont déterré dans le Finistère une phalère sculptée de tritons : ce petit amphibien étant symbole de renaissance.

De même, les armes sont souvent ornées de motifs animaliers ou de dessins codifiés représentant la puissance divine ; dans la mythologie, la dague a la réputation de posséder des pouvoirs surnaturels. Dans l'esprit du guerrier, les légendes celtiques rejoignent souvent la réalité et vice-versa.

puis le bois :

Les nombreuses forêts armoricaines vont, elles aussi, contribuer à défier l'imagination du peuple gaulois et à transformer de façon notoire l'habitat local. Les jolies huttes en bois à toit de chaume qui abritent depuis des siècles nos héros... Vous voyez bien de qui je veux parler ! .... Mais si enfin ! hihi! je vous taquine ! Et bien, c'est la forme qui change, passant du circulaire au quadrilatère, tandis que les toits de chaume vont perdurer encore un moment, particulièrement dans les régions rurales. Les fermes et leurs dépendances en bois : granges, étables, silos à foins, enclos vont donner l'essor à de nouvelles exploitations agricoles dont les Celtes sont friands. Les Bretons se sont longtemps demandés à quoi pouvaient servir les souterrains creusés dans la terre à l'époque druidique ? Et bien, il semble qu'ils aient, entre autres, servi de garde-manger secrets, donc une façon de cacher les récoltes. Mais cela, c'était avant ! Avant que les rongeurs ne leur rendent visite ... Ce qui eut pour effet de faire émerger une idée nouvelle : des huttes carrées sur pilotis se révèlent être plus ingénieuses pour mettre la nourriture à l'abri. En outre, les sous-terrains auraient aussi servi de passages secrets pour certains guérisseurs dont la science était quelquefois critiquée, voir repoussée.

Et enfin la pierre :

Si certains historiens prétendent que les menhirs ne sont pas d'origine celtique, on ne peut nier la présence des autels druidiques et des dolmens servant de support aux sacrifices animaliers, ou aux préparations de potions guérisseuses. Et tout Breton et touriste qui se respecte a vu au moins une fois dans sa vie un mégalithe, voir un tumulus richement gravé de volutes, de spirales, et autres motifs géométriques, dans lesquels ou sous lesquels les Celtes enterraient leurs morts, accompagnés de quelques objets parfois sacrés : fibules, bijoux, poteries ou encore de la nourriture. Ce qui a changé, c'est le nombre de morts : si les Celtes n'ont peut-être pas eu l'idée de base, ils ont, là aussi, fait preuve de talents architecturaux pour inhumer ou incinérer non plus une personne isolée, mais une famille, voir plusieurs membres d'un clan ou d'une tribu dans leur "dernière demeure".

La maçonnerie :

Peu à peu et pour des raisons de sécurité bien compréhensibles à l'époque, le chaume de la toiture est remplacé par des tuiles en terre cuite. Certaines sont stylisées par des motifs d'influence romaine. On utilise aussi l'argile pour des tuiles en arc de cercle appelées faîtières : celles-ci seront placées à l'endroit ou à l'envers selon que l'artisan souhaite recouvrir et renforcer les autres tuiles, et ainsi assurer l'étanchéité du toit, ou au contraire permettre l'écoulement de l'eau dans une citerne placée contre un mur. Rappelons qu'il n'y avait pas d'eau courante dans les maisons.
Les huttes s'étirent donc en longueur, à l'image des chaumières bretonnes qui abritaient non seulement la famille du bébé au grand-père, mais aussi les animaux. L'utilisation de ces nouvelles matières va aussi stimuler l'impact et un goût prononcé pour la céramique et la faïence à qui le fer progressivement laisse la place. Des vases à vin, poteries diverses, et autres articles de vaisselle sont retrouvées sur les chantiers archéologiques. Et tenez-vous bien ! On a même découvert un jour en Italie un bol à deux anses certifié d'origine celtique... Ceci explique cela ?
 

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De la tène à la terre : Agriculteurs et éleveurs, à travers les éléments :

A l'instar des peuples amérindiens, les Celtes voient des esprits dans les phénomènes naturels : par sa chaleur et sa lumière, le soleil est vénéré comme force de vie, source de fécondité et de guérison. Il annonce prospérité et fertilité des cultures. Dans la tradition celtique, le soleil est représenté par une roue avec ses rayons, ce qui n'est pas sans rappeler la roue de la charrue... Le cheval étant d'ailleurs étroitement lié au culte solaire. Quelle que soit sa forme, le soleil a pour fonction de protéger et d'éclairer le chemin.

Tout comme le soleil, le feu et l'eau purifient, nettoient. Dans certaines légendes, la cérémonie du feu a pour fonction de faire revenir le soleil afin que la végétation puisse renaître de ses cendres... Une tradition ancienne consiste à faire rouler une roue embrasée depuis le chemin jusqu'à une rivière. Nous retrouvons donc ici trois des principaux éléments : l'eau, la terre, le feu. Autre référence avec l'arbre celtique dont le feuillage relie le ciel et la terre à travers le tronc qui s'abreuve de l'eau, cadeau de la terre et perçue comme force de vie, sous la lumière du soleil. En un mot, un système bien pensé par dame nature. Et bien, vous savez quoi ? Les quatre éléments sont au nombre de cinq ! Seulement, ici, le 5ème n'est pas Bruce Willis comme dans le film " le 5e élément", mais la brume, le brouillard, qui fait voyager les âmes dans le monde des vivants.

" Chaque arbre, lac, fleuve, et source possède un esprit" cette phrase reflète l'omniprésence de la divinité dans la nature sous tous ses aspects. La déesse mère dispensatrice d'abondance et de prospérité rappelle assez sa "sœur irlandaise" la déesse de la terre qui garantit la fertilité. Partout, les fêtes celtiques suivent le rythme des saisons, et des cycles de reproduction et de maturation des cultures que les fleuves et rivières fécondent.

Le bétail et autres animaux ont aussi leur cortège de divinités nourricières : Veles est le dieu du bétail, des chasseurs et des agriculteurs, symbole de richesse. Cernunnos, est une créature à corne de bouc (ou de cerf) qui étende une main généreuse sur les quadrupèdes dont il assure la reproduction. Epona, la déesse cheval, est souvent représentée avec une corne d'abondance. On prie ces divinités à l'ouverture de la chasse... Entre autres la chasse aux sangliers ! Et bien nos célèbres Gaulois n'étaient donc pas les seuls !

Dessin village gaulois

Quand religion et nature ne font qu'un :

Un clergé un peu particulier : les druides

Pour le peuple, les druides sont intermédiaires entre les dieux et les humains, voir même les animaux. Détenteurs d'un solide savoir ésotérique doublé de magie, doués pour la divination et la prédiction, ils ont le monopole du monde sacré, réalisant nombres de sacrifices animaliers et créant eux même les potions ; la réputation du gui, illustre secret aujourd'hui révélé pour réaliser la potion magique de nos célèbres Gaulois, viendrait aussi de la tradition celtique.

" Les druides jouissent d'un haut rang et occupent dans la communauté une position presque égale à celle des chevaliers" écrit Jules César. Il a "carte blanche" pour seconder le roi et diriger la société, ou faire justice en cas de conflit social. Il parait que Vercingétorix a lui-même été élu par un druide ! A cette époque, tout le monde peut prétendre à être druide, à condition d'avoir suivi une formation rigoureuse qui peut durer ... 20 ans ! En l'absence de documents écrits, la formation inclut la mémorisation des traditions orales et ancestrales. Tous les ans, à date fixe, au pays des "Carnutes" , centre officiel de la Gaule, les druides se réunissent pour échanger sur leurs connaissances et pratiques tant surnaturelles que plus terre-à-terre comme la médecine, l'anatomie, la généalogie, l'astrologie, les mathématiques, le droit, la philosophie. Si les hommes sont sans cesse connectés à la nature, celle-ci le leur rend bien, en leur livrant tous ses secrets de guérison.

De la mort et de la renaissance :

Dans la croyance celte, l'idée que l'âme est immortelle et se réincarne d'un corps à un autre est largement encouragée afin de réduire la crainte de la mort chez les guerriers. Les Celtes considèrent la mort comme " une simple interruption pour ensuite pénétrer dans un monde dit paradisiaque. Ce dernier serait richement fourni en victuailles, en vaisselle d'or et en joyaux précieux mais il est semblable à la terre dont la souffrance, la maladie, la vieillesse et le déclin serait exclus. Un monde empli de musique et de beauté où l'on festoie, bien que les héros continuent à s'affronter. ..." Car une version contraire existe aussi : " "un monde sinistre et redoutable, pour qui le visiterait avant la mort". Une idée quelque peu revisitée du paradis et de l'enfer.

Quatre grandes fêtes saisonnières sont associées à l'agriculture :

* Imbolc : célébrée le 1er et 2 février, concerne la lactation des brebis. Rattachée au culte de Brigitte, déesse qui protège les femmes enceintes, mais aussi les récoltes céréalières ; elle a une vocation de prophète.

* Beltaine : célébrée le 1er mai, ouvre la saison du pâturage et accueille l'été et le soleil qui fait mûrir les cultures. " Des feux de joie " ont pour but d'amener le soleil à réchauffer la terre. Les druides allument deux feux entre lesquels on fait passer le bétail. C'est un rituel de fécondité et de purification."

* Lugnasad : célébrée du 1er août au 31 août pour accompagner la moisson.

* Samain : célébrée le 31 octobre et le 1er novembre : marque le début de l'hiver et la nouvelle année celtique. " C'est la période où l'on rentre les bêtes, dont certaines sont abattues tandis que d'autres restent pour la reproduction. En Irlande, de grandes assemblées se déroulent pendant Samain pour y accomplir des rites pastoraux, et créer des marchés, des foires et des courses de chevaux. Samain marque aussi le deuil rituel de l'été, un intervalle entre deux périodes où le temps et l'espace sont momentanément figés, la nature étant "en latence". Les barrières s'ouvrent, les esprits de l'autre monde (celui d'en bas) peuvent déambuler sur la terre, et les humains, visiter l'autre monde." Une autre manière de désigner l'actuel Halloween...

Costumes samain

Les symboles celtiques : Artisans dans l'âme :

Dans le Panthéon celtique, d'étranges animaux côtoient les divinités pour ne pas dire qu'ils les représentent : Dragons, griffons et autres oiseaux fantastiques. Aussi, la culture celte s'auréole t'elle d'un certain mystère peuplé d'êtres vivants variés : plantes souvent magiques ou "délices des dieux", dans un entrelac de volutes, de spirales, torsades et autres motifs géométriques. Cet art se retrouve sur la plupart des monuments, bijoux, sanctuaires, trophées, objets rituels, et à notre époque, sur les affiches de spectacles, festivals ou fêtes annuelles récurrentes depuis des générations. Ils enluminent les pages des livres, et donnent à la musique et aux calendriers des notes mythiques, mystiques, ésotériques.  

Il n'est pas rare de découvrir sur les stèles funéraires; d'ordinaires toutes simples et surmontées d'une simple croix; l'image d'un dieu à cornes comme Cernnunos , ou encore les ailes du dieu Orant: le tout au-dessus d'un symbole de protection et d'éternité de forme circulaire. Les Celtes associent la croyance à la connaissance, le monde d'en bas, ou monde des morts à la renaissance.

Leur connaissance aiguë de la métallurgie les pousse à fabriquer leurs propres armes. La sculpture et la gravure font partie de leurs nombreux talents. On reconnaît le noble à son torque (sorte de collier torsadé ou non), et à ses bracelets, signes extérieurs de richesse et de reconnaissance au clan ou à la tribu : chaque motif a valeur de protection, c'est la " marque des dieux."

Animaux et végétaux :

Les Celtes reconnaissent chez l'espèce animale des attributs spécifiques comme la rapidité, la férocité, la fécondité, et bien sûr le courage, autant de qualité que l'homme est aussi capable d'acquérir ou de posséder. La faculté des oiseaux à voler dans le ciel laisse supposer que l'esprit humain se libère au moment de la mort. Le taureau représente la force et la vigueur sexuelle ; le bœuf apporte la puissance dans les travaux agricoles.

Il n'y a pas de frontières entre l'homme et l'animal, aussi l'image iconique des divinités en est-elle inspirée. De même, dans les légendes transmises oralement, l'homme a le pouvoir de se métamorphoser en animal et vice-versa. La chasse reçoit un statut particulier : les dieux des chasseurs à la fois protègent les animaux et encouragent la 'mission animale ' de nourrir l'homme. "En répandant le sang de sa proie, le chasseur s'assure vie et nourriture. En retour, des rituels sont consacrés à l'animal en signe de remerciement. Ce soupçon de magie apporte alors son concours dans l'ornementation des bijoux, des armes et trophées divers. Les motifs sont partout, on trouve aussi ces motifs sur les urnes funéraires, les vases et autres poteries, et même sur la dentelle... He oui, ça existe déjà !

Par ailleurs, l'archéologie découvre encore aujourd'hui de nombreux objets incrustés de végétaux, os, ou morceaux de corail ; quelquefois soulignant un fil d'or représentant un serpent rampant à ras de terre ; témoin de l'autre monde. Les motifs sont des symboles, parfois cachés sous une forme géométrique simple, une sorte de code pour mieux engranger une idée de mystère dans l'esprit profane. En effet, la plupart des peuples encore attachés à leur culture hésitent à révéler leurs croyances, et surtout à les expliquer de peur d'être mal jugés par un esprit plus conventionnel.

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Motifs celtes et signification :

Le triskell : un symbole fort qui va loin !

Le plus connu en Bretagne est bien sûr le triskell. Il est courant de lire " triskell signifie trois jambes" Si sa forme montre trois spirales que l'on peut qualifier de jambes ou encore de bras tournant dans le sens des aiguilles d'une montre ou l'inverse, il s'agit ici d'exprimer le mouvement, la transformation, l'évolution dans le temps, ou encore le pouvoir des trois éléments réunis : la terre, l'eau et l'air réunis, en un mot les cycles de vie. Mais il est intéressant de constater que si le mot triskell veut dire trois jambes, ce n'est pas en breton mais en grec... Rappelons que la Grèce a été une étape importante de la "route celtique" au fil du temps. τρισκέλος. (triskellos) = trois jambes en grec, tri c'har en breton.

On le retrouve sur la monnaie gauloise, sur les murs des tumulus irlandais, sur le drapeau de l'île de Man, juste au centre des six pays celtiques : c'est donc un symbole très puissant de par sa trajectoire historique et son influence géographique et atemporelle. Certains historiens y voient aussi trois visages en lien avec le soleil et sa lumière entre ombre et luminosité. Celui du milieu est censé équilibrer les contraires. Si le triskell peut tourner dans les deux sens, c'est pour mieux exprimer l'opposition toujours possible dans la nature et dans la vie en général : en d'autres termes, le bien et le mal, ou encore le positif et le négatif.

Le triketra ou nœud celtique : trois arcs entrelacés forment un triangle. Souvent représenté sur les manuscrits médiévaux, il signifie l'unité et l'éternité : (les cycles de vie et de mort, ou encore la renaissance.) il n'a donc ni début ni fin et exprime autant l'infini que l'interconnexion de même que les trois éléments (air, terre, eau); encore que la culture celtique en voie quatre, car le feu a le pouvoir de transformation. Si les Vikings y voient le symbole d'Odin, le dieu de la mythologie nordique, il est officiellement reconnu comme motif celtique sur certains ouvrages comme le livre de Kell . C'est là encore un symbole qui voyage puisqu'il est aussi connu dans la mythologie hindoue.

La spirale de la vie :

Elle ressemble à un escargot ou encore à la fougère arborescente maorie de Nouvelle-Zélande et peut s'interpréter de deux façons : si nous suivons la ligne, elle peut soit se replier vers le centre ou au contraire de déplier et exprimer un développement. C'est cette seconde option qui, généralement retient l'attention des historiens qui préfèrent, avec raison, y voir un symbole de croissance et d'évolution, ou encore le voyage de la vie, l'infini. La spirale se retrouve sur de nombreuses sculptures et bijoux, mais aussi dans une certaine forme d'architecture dite "aérienne" visible en pleine nature. Elle a déjà été vue sur certains murs de chapelles bretonnes.

L'arbre de vie :

Celui-ci est le favori dans le monde entier et englobe la vie dans son ensemble. Il apparaît d'abord dans la genèse hébraïque comme symbole de la création (Macrocosme et microcosme : l'univers et l'être vivant). C'est aussi l'arbre de la connaissance, repris par le christianisme qui le mentionne dans le livre de l'apocalypse à plusieurs reprises. Les Celtes l'adoptent au cinquième siècle av. JC sous toutes ses formes : peinture, sculpture, gravure. C'est l'arbre sacré des druides, et ce n'est pas un hasard si René Goscinny en fait, dans nos bandes dessinées, un lieu mythique et fournisseur de gui pour la fameuse potion magique... Cet arbre (un chêne) aligne les éléments : la terre où il plante ses racines, le ciel qu'il semble vouloir toucher, et l'eau dont il se nourrit. Enfin, il reçoit l'énergie solaire et lunaire. L'arbre de vie est symbole d'équilibre et d'harmonie.

C'est ici un point de rencontre entre deux cultures : les Vikings l'appelaient l'Yggdrasill, qui signifie " le destrier (ou le cheval) du dieu Odin. Chaque parcelle de l'arbre est habitée par une divinité, sorte d'oracle propice à la divination. L'alphabet runique qui en découle est très proche de l'alphabet oghamique celte. Le système est le même sauf que cette fois, ce n'est plus un chêne, "l'arbre aux secrets", mais un if, arbre d'éternité, de renaissance. Dans ces deux arbres, se devinent la force, la sagesse et l'endurance.

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L'Awen : commun au Breton, au Gallois et au Cornique, c'est le symbole du poète. Il peut signifier aussi bien le souffle (le vent : an avell en breton), la force en toute chose, que l'inspiration reçue des divinités. Il aspire à la créativité et à la lumière au plan spirituel. La flèche centrale a pour but d'équilibrer les forces opposées pour créer l'harmonie.

Les croix :

* La croix de Sainte-Brigitte : souvent fabriquées en paille ou en joncs, elle a la fonction de protéger la maison contre le mauvais sort et les incendies. Pour les Celtes, elle représente la déesse mère.

* La croix celtique : on la trouve surtout en Irlande catholique, souvent dans les cimetières. Assez atypique toutefois ; un cercle étant inséré dans la croix, dont il semble vouloir maintenir les branches ; ce qui lui donne ce petit côté harmonieux et équilibré. Le cercle signifie aussi l'hostie distribuée pendant la messe ou encore la roue solaire. Elle apparaît au VIIe siècle. Lorsque il n'y avait pas d'église, elle faisait office de lieu de rassemblement pour des événements religieux. Sur le cercle, est quelquefois représenté l'alphabet oghamique.

* la croix cerclée : cette forme de croix celtique ne contient pas un cercle, mais trois traits représentant les trois phases de la vie : passé, présent et futur, mais aussi les différentes étapes de l'évolution de l'âme humaine en vue de sa réincarnation. Terminée par des rayons, elle n'est pas sans rappeler le soleil.

* Le claddagh : souvent gravé sur un bijou, une bague ou un collier, il a le don de protéger la relation de couple. C'est le symbole des amoureux dont il favorise les sentiments réciproques et l'engagement.

* Le sanglier : Par toutatis !!! Pourquoi est-il si célèbre ? Déjà, parce que les forêts d'Armorique en regorgeaient, mais aussi parce qu'il symbolise la science druidique. Amateur de glands, le chêne étant l'arbre sacré du druide, il apportait force et longévité. Qui mangeait du sanglier recevait les honneurs de la forêt. Le chien, nourri à la chair du sanglier pouvait, dans l'esprit de l'époque, prendre l'aspect d'un loup-garou protecteur.

* Les cercles : comme dans la culture autochtone, le cercle représente l'infini, la vie et son éternel recommencement, le retour des saisons, la forme ronde du soleil et des planètes, mais aussi les cycles d'une journée de travail à répétition.

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Et la Bretagne, dans tout ça ? des traces celtiques un peu partout ...

Chez les ancêtres :

Osismes : Ce sont les Gaulois en Armorique. Ce nom signifie " les plus éloignés vers l'ouest" Les Osismes auraient été d'origine byzantine avant de se lancer à la conquête des mondes. En Finistère, des fouilles menées à Huelgoat ont révélé la présence de statères (monnaie celte) .

Rédonnes Ριήδονες en grec, ce sont les " conducteurs de chariots" (selon l'étymologie du mot) en Armorique et à l'époque Gallo-Romaine. Le terme est à l'origine des villes de Rennes et de Redon.

Coriosolites: Probablement de descendance germanique et des pays bas. Le terme signifie " les troupes qui veillent " " ceux qui ont le bon oeil" . Il donne naissance à l'actuelle ville de Courseul en Côte d'Armor.

Namnettes: Si ils ont peu fait parler d'eux, le terme Nanettes est toutefois à l'origine de la ville de Nantes, où des vestiges historiques furent déterrés par des archéologues.

Vénètes : un nom qui rappelle tout de suite la Vénétie et qui sent bon la méditerranée; avec raison puisque qu'ils étaient originaires d'Italie (du moins une partie). Ce sont les gardiens du commerce maritime dans l'actuel Golfe du Morbihan. Vénète donne son nom à la ville de Vannes. D'ailleurs "l'hôtel des Vénètes"  plonge sa clientèle dans le passé.

Pen ar bed finister

Dans l'Indépendance : voilà bien un mot qui résume le caractère breton ! Tout comme les celtes, les bretons savent faire la différence : " la Bretagne et la France" souffle t'on dans les " chaumières", et il est vrai qu'encore aujourd'hui la Bretagne se considère plus comme un pays que comme une région. On parle du Pays de Quimper, Pays du Léon, Pays de Morlais etc... c'est vous dire ! " ne pas ressembler au voisin, et surtout faire mieux! et oui, on est chauvin, et ce n'est pas nouveau!  Mais une question se pose ! qui de l'oeuf et de la poule ... hihihi!

Au golfe de Gascogne :

Désigne la partie Atlantique qui longe la Bretagne verticalement depuis le Finistère et jusqu'à l'Espagne. C'est aussi l'un des passages " obligés ou pas" de bons nombre de navigateurs participants aux grandes courses annuelles. Et surtout, le golfe de Gascogne a porté dans le passé le doux nom de " mer Celtique" ! Si après ça, on doute encore que la Bretagne ait eu des ancêtres d'origine celtique...

En Britannia : Grande Bretagne et " Petite Bretagne: "

Les livres d'histoire nous enseignent que Britania, l'antique Grande-Bretagne aurait refoulé les Celtes venant d'Armorique... Voilà pourquoi ils sont revenus. Seulement les Bretons sont plus malins : ils ont toujours compris que le mélange des peuples permet de s'enrichir sur bien des points... Alors voilà, ceci explique cela ! Mais attention ! Cela ne veut pas dire que nous sommes devenus des Celtes purs beurre ! Mais que si des influences se sont forcément transmises, l'identité bretonne a fait le reste, chacun y allant de son savoir-faire et de sa créativité avec patience et dévouement. Si certaines sources sont celtiques, la Bretagne a toujours su "recréer sa marque de fabrique". Au final, peut-être bien que les Anglais nous ont rendu service, qui sait ?

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Dans le langage de six pays :

Les Celtes apportent une influence notoire en termes de langage puisque les langues dites brittoniques : le gallois, le cornique, le breton, et le cambrien appartiennent toutes à la famille des langues celtiques ; de même que le gaélique en Irlande, en Écosse et sur l’île de Man. En ce qui concerne l'Irlande, le Gaélique sera rebaptisé Irlandais, afin de le distinguer du Gaélique écossais.

De nos jours, dans le monde, environ 2000 personnes parlent le mannois (île de Man), 3000 parlent cornique (Cornouailles anglaise), cent mille personnes parlent le gaélique écossais, 700 000 personnes parlent galois, un million deux cent mille parlent breton, et la palme revient à l'Irlande avec un million sept cent mille locuteurs maitrisant l'irlandais. Comme sur les doigts d'une main, les Celtes ont laissé leur griffe dans chacun des cinq territoires. Ce qui explique la proximité phonétique d'une langue à l'autre : quelques exemples : le mot "noir " se dit "du " en gallois et en breton, dubh en gaélique écossais et en irlandais. Le mot tête se dit " pen " en gallois et en cornique, et " Penn" en breton ou encore le mot " table" qui se dit bord en gallois, en gaélique et en irlandais... Les exemples sont nombreux.

De plus, l'alphabet oghamique végétal : dit "alphabet des arbres", utilisé par les Celtes est bien à l'origine de l'irlandais ancien. Il s'agit d'un système graphique composé de traits verticaux ou obliques, disposés autour d'une ligne centrale. Chaque lettre (ou feda) peut représenter l'arête d'une pierre, le bord d'un bâton, ou autres. " Les lettres oghamiques, gravées sur des pierres dressées (donc des menhirs) ressemblent à des branches de feuillages alignées sur une tige. Elles peuvent évoquer un arbre, une vertu, un esprit. " Chacune des vingt feda est reliée à un arbre, à une période de l'année, et à une qualité symbolique. .." Exemple : le chêne exprime la force et la stabilité, le bouleau : la renaissance, le saule : la fluidité, l'aubépine : la créativité, etc... Tout comme les runes, c'était aussi un système de divination utilisé par les druides.

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Dans la religion : un culte centré sur la nature :

" Dans les légendes celtiques, il existe des collines étranges appelées Sidh, perçues comme des passages vers l'autre monde. De l'autre côté, vivaient des êtres lumineux liés aux forces de la nature, ce ne sont pas des fées, mais des êtres puissants, héritiers des divinités..." Les Celtes ont à leur actif une bonne quinzaine de dieux et déesses parmi lesquels le fameux Bénénos cher à Astèrix :-)) Ou encore Dana ... Et sa célèbre tribu !

Pour les Celtes, la nature est un monde vivant, peuplé de forces invisibles et habité d'esprits. Chaque arbre, source, colline peut renfermer le sacré. Les rituels dirigés par le druide se tiennent alors dans des clairières, près des rivières ou au sommet des collines. Le sacré se vit en plein air, à la lumière du jour et au rythme des saisons. Honorer la nature revient à rendre hommage au cosmos tout entier et à reconnaître que l'homme n'est pas le maître, mais partenaire d'un monde plus vaste. La communauté celte accorde donc une importance capitale aux éléments, aux animaux, aux plantes et aux astres. La nature est un lieu de culte. Dans l'imaginaire breton, elle est aussi peuplée par des fées et des lutins, le rapport à la nature n'est pas si différent. De nos jours, on parle d'écologie.

Dans les légendes et les croyance :

Tout comme sur les motifs celtiques des bracelets, dans les légendes s'enchevêtrent de multiples personnages, souvent dotés de pouvoirs magiques : animaux protecteurs ou dangereux, selon le cas, ou végétaux dont les racines profondément ancrées dans la terre offrent des passages vers d'autres mondes. Des points communs relient toutes ces histoires celtiques ou bretonnes, racontées le soir au coin du feu : on en retire une morale, un mode de conduite : affronter un monstre à trois têtes pour délivrer la princesse coincée dans la tour du château exprime le courage ; ou encore, gare à celui qui ose s'aventurer sur les chemins bretons sous le clair de lune, rencontrera-t-il le petit peuple des Korrigans pour une danse endiablée dont il aura peu de chances de revenir ? Voilà une autre leçon de prudence; et une façon bien bretonne de mettre en garde la prime jeunesse. Ce style de légendes a aussi conquis l'Irlande et l'Écosse pour ne citer qu'eux ... Avec quelques fantômes en plus ! On pense aussi à Merlin, dit l'enchanteur, amoureux de la fée Viviane, la dame du lac. Celle-ci devient, à Brocéliande, la fée des eaux dont elle maîtrise les enchantements. Avec Merlin, elle apprend les secrets de la nature et devient la protectrice des chevaliers de la table ronde. Une belle histoire d'amour...Quand on sait que Merlin, à cette époque, était en réalité un vieil homme ! Mais Merlin avait plus d'un tour dans son sac !

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Dans les choses du quotidien :

Dans le Morbihan, bien que les village de chaumières de Kerascouet , Kerkanic et d'autres encore soient de construction plus récente, les toits de chaumes témoignent encore d'une emprunte celtique. Dans chaque ville bretonne, les brocantes et les marchés revendent nombres d'objets anciens aux motifs autrefois auréolés de mystère aujourd'hui révélés : bijoux, linges, poteries, pour ne citer que les plus courants. Quand aux fêtes et festivals cités plus haut, leur réputation doublé d'un succès intemporels ne sont plus à faire. Pour rien au monde, le public de Bretagne et d'ailleurs ne manqueraient le festival interceltique de Lorient, les "Vieilles charrues" de Carhaix, ou les "filets bleus" de  Concarneau, dussent ils les regarder en replay sur la chaîne France TV qui propose bon nombre de programmes régionaux.

L'Armorique ayant connu l'époque druidique a développé une connaissance de la médecine locale par les plantes : en un mot les "bons vieux remèdes de grand-mères" qui, d'après des témoignages anciens se révélaient souvent efficaces...à condition de mettre quelques pièces dans les très nombreuses fontaines dites miraculeuses, accompagnées de quelques prières bien ciblées. Vrai ou pas, cette science a fait vivre bien des guérisseuses. Et si cela a coûté à nos ancêtres quelques pièces dans les fontaines, sachez que "Même la tamise anglaise recevait des offrandes pour la victoire". Et combien de trésors cachés se terrent peut-être encore au fond des eaux ?

Dans le commerce maritime et la construction de navires :

Si les Celtes ne sont pas reconnus comme de grands navigateurs, ils avaient néanmoins la " bosse" du commerce. Aussi, le troc avec les navires marchands est-il florissant ; favorisant naturellement les échanges de culture, source d'enrichissement. Comme nous l'avons vu, les croyances mythologiques vont de pair avec les activités du quotidien : le cheval androcéphale, à tête humaine se retrouve sur la monnaie celtique. Il symbolise l'énergie vitale, la bravoure, et l'intelligence qui passe de l'animal à l'homme. Les figures de proue des navires vénètes en imposent avec des statues divines et des animaux sacrés. Si les navires marchands ne sont pas conçus pour la guerre, ils n'ont cependant rien à envier aux vaisseaux romains. Plus grands, plus rapide et efficaces, mais le mythe est toujours du voyage, par Toutatis! La prospérité doit en passer par là... Les Celtes exportaient du métal, du bétail, de la viande de sanglier, du cuir, mais aussi des esclaves. La charcuterie a longtemps été considérée comme un produit de luxe. Ils importaient de la céramique, du vin, du bronze ou des pierres précieuses. Bien plus tard, Napoléon III qui était un fervent admirateur de la culture celtique aurait fait construire des navires qui ressemblaient étrangement aux cargos celtiques. Les Celtes sont d'excellents constructeurs de navires, tout comme les Bretons!

Il est incontestable que la Bretagne a toujours prouvé sa valeur dans quelques domaines que ce soit. Mais il nous appartient aussi de reconnaître l'apport d'un "berceau" celtique dans notre mode de vie aujourd'hui. Si l'on comparait cela à un arbre, disons que si des racines celtes ont été plantées, chacun des six pays celtiques a créé les branches par son savoir-faire dont nous récoltons aujourd'hui les fruits. On dit que les Bretons sont partout dans le monde, et c'est vrai. Ce sont des voyageurs, des constructeurs, des navigateurs, et surtout ... Des passionnés ! La culture matérielle n'a cessé de se développer avec le temps : sculpteurs, architectes, artistes, forgerons, artisans rivalisent d'adresse pour créer une figure de proue à l'effigie mythologique, dessiner des plans avec quelquefois un reste de superstition, chanter la mer, ou réaliser une embarcation dont les légendes constitueraient comme un double fond... Cinq siècles ont passé au cours desquels la Bretagne n'a de cesse de faire transparaître et entretenir une culture, un esprit ancien peut-être mélangé, mais qui, aujourd'hui revendique une identité ; Et à chacun d'y ajouter sa " Breizh touch" .

 

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